le tramvoie

Le tramway La Ferté Bernard Montmirail

 

A la fin du 19 ème siècle, le chemin de fer triomphe partout et particulièrement en Sarthe. Chaque village veut avoir sa gare et bénéficier de l’essor commercial et social que représente ce maillage ferroviaire . Pendant des années les conseils municipaux réclament, proposent, étudient le tracé qui les reliera aux grandes lignes. En 1908, la ligne La Ferté Bernard - Montmirail est déclarée d’utilité publique, on construira donc un tramway à voie métrique qui ne sera terminé qu’en pleine première guerre mondiale. On part de la magnifique gare de la Ferté en suivant une route peu accidentée, on traverse Cherré, Cormes, Courgenard et la ligne oblique vers Théligny pour affronter les reliefs du perche. Le tortillard quitte la route pour contourner les collines, franchir les rivières, avaler les rampes qui devront parfois faire descendre les voyageurs pour sabler les rails. Un ingénieur génial, Louis Harel de la Noë,sera à l’origine de ce travail de fourmi. Il fera construire les grandes gares comme le plus petit ouvrage d’art franchissant un ruisseau. Le réseau ouvert en 1916 sera fermé en 1921. Trop cher dira le département de la Sarthe, mandataire de la compagnie, pas assez rentable. Les deux trajets quotidiens transportent voyageurs et produits fabriqués localement mais on met 1h15 pour effectuer les 25,800 km de la ligne pour quarante sous. Les communes mettront trois années pour faire rouvrir leur tramway. Elles mettront surtout la main à la poche. En 1924 les magnifiques autorails Dedion Bouton donnent une nouvelle vie à la ligne. La route aura finalement le dernier mot. Les autocars et les camions, plus rapides, prendront le relai et la ligne fermera définitivement en 1933. La ligne fera longtemps partie du paysage, elle ne sera déferrée qu’en 1952. Et pourtant des traces parfois submergées par la végétation nous rappellent ce temps où l’on se déplaçait à 10km à l’heure. Des gares en briques devenues cabanons mais conservées à Cherré et Courgenard, insérées dans un bâtiment à Théligny, détruites par un accident à Montmirail où restaurées parfaitement à Saint Ulphace. Du pont miniature enjambant un ruisseau aux impressionnants ouvrages d’art de Melleray et de Saint Ulphace. Des remblais aux creusements qui tentent d’adoucir le tracé accidenté entre Gréez sur Roc et Montmirail. Toutes ces traces cachées ressuscitent le « tramvoie » comme l’appelaient les anciens. Il suffit de se poser face aux ponts de Cordin pour imaginer la brinquebalante loco Blanc Misseron et son panache de fumée déboucher du bois, traverser la route pour s’immobiliser soufflante devant la halte gare de Saint Ulpace avant de repartir, poussive mais tenace, pour disparaître derrière les collines de Gémasse

site de La Motte et espace musée à Gréez-sur-Roc

AG 2017

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